2010 // MAISON DES ARTS ET DE LA CULTURE (BEYROUTH / LIBAN)

MAISON DES ARTS ET DE LA CULTURE/ « Un écrin de culture »/

BEYROUTH, Liban

MOA     Ministère de la Culture au Liban

PROGRAMME     Centre Libano-Omanais – MAC

SURFACE     15 000 m²

COÛT DU PROJET     20 M Dollar US

ETAT     Concours Janvier 2009/ Non sélectionné (388 participants)

ARCHITECTE     Ilham LARAQUI & Marc BRINGER

INTENTIONS URBAINES

Le projet se définit dans l’espace urbain comme un bâtiment-îlot, une sculpture habitée. Ce bloc artistique se compose autour d’un grand patio lumineux, espace public protégé de l’agitation de la capitale que le promeneur peut traverser librement, un lieu sensible qui invite à la découverte de la Maison des Arts et de Culture. Cette institution dispose tous ses programmes autour du patio, modèle architectural du bassin méditerranéen depuis l’aube de l’antiquité. Le bâtiment est taillé dans la masse, travaillé comme un marbre ou un albâtre, rugueux sur les faces en limite de parcelle, lisse sur les autres. Les ouvertures sont dissimulées derrière des moucharabiehs en béton blanc, ainsi protégées du rayonnement solaire.

INTENTIONS ARCHITECTURALES

 » Je crois que le dialogue pur et clair qui se développe entre la matière et l’espace (….) est dû pour une grande part à ce que l’espace est une matière très rapide ou bien que la matière est un espace très lent.  » Edouardo Chillida
La Maison des Arts a fait l’objet d’un véritable travail de sculpteur. A la manière d’Edouardo Chillida, nous avons pensé notre architecture en termes de pleins et de vides, de matières blanches lentes et rugueuses, d’espaces colorés lisses et rapides. Cette sculpture est habitée de pleins programmatiques et de vides de circulations. Ces derniers deviennent soit des creux que nous avons appelés patios, soit une faille centrale que nous avons qualifiée de promenade (lieu de rencontre et d’échanges entre les différents programmes).

ORGANISATION FONCTIONNELLE & SPATIALE

L’entrée principale se fait depuis la place publique ou par la rue piétonne en empruntant une galerie extérieure vitrée, disposée en balcon sur l’espace d’exposition en contre bas. Ces deux modes d’accès convergent vers le patio central. Ce dernier donne accès directement au hall, à la librairie et au restaurant. Depuis ce coeur spatial, le visiteur peut deviner tous les programmes qui composent la Maison des Arts, percevoir la place publique, la rue piétonne, l’exposition au R-1, et enfin le foyer au premier étage. Les patios qui creusent la masse bâtie servent d’accès, d’extension des programmes destinés au public, de dispensateurs de fraîcheur et de lumière naturelle. Le patio central est l’extension du hall d’entrée, le coeur de la sculpture, le lieu dynamique du projet. Il s’ouvre sur les espaces publics extérieurs tout en constituant un espace intérieur contenu. En plus de résoudre cette contradiction spatiale, le patio offre une identité forte à la Maison des Arts grâce à ses façades recouvertes de bronze matricé ou perforé de motifs floraux. Il se dégage ainsi une ambiance raffinée, très lumineuse grâce à la teinte jaune qui fait aussi référence aux anciennes façades en pierre de la vieille ville de Beyrouth. Le patio central peut aussi devenir un lieu de performance, d’exposition temporaire et de concert en plein air (aménagement d’une estrade démontable). Son centre est occupé par une fontaine qui dispense de la fraicheur et devient miroir du ciel.
Le patio du premier étage dilate le foyer des loges et devient une  » green room « . Il permet les échanges entre les comédiens et l’administration présente aux étages supérieurs. Au dernier niveau, deux patios – l’un orange et l’autre bleu – forment les extensions extérieures des grandes salles d’arts plastiques.
Le foyer qui distribue les grandes salles de spectacles au premier étage, s’ouvre en balcon sur le grand patio. Cette mise en scène ainsi que les percements, découpes de planchers et grandes baies vitrées sont des dispositifs mis en oeuvre pour dynamiser spatialement les espaces de circulation qui desservent tous les étages de la maison des arts (faille centrale). Ces circulations sont pensées comme une grande promenade architecturale qui part de l’entrée jusqu’aux toitures terrasses. Les terrasses sont disposées en gradins autour du patio central pour permettre une plus grande ouverture sur le ciel et laisser le soleil parvenir jusqu’en son centre. Le dernier étage est réservé au centre de formation qui ainsi peut s’approprier les toitures terrasses et s’ouvrir sur la ville.
Au R-1, la grande cour anglaise accessible au public permet l’installation de sculptures de grandes tailles et prolonge naturellement l’espace d’exposition vers la place publique. L’espace d’exposition devient la grande vitrine de la Maison des Arts sur l’espace public. Il offre aux passants une animation sur ces quatre côtés vitrés et permet l’éclairage naturel de toute l’exposition. Ces faces vitrées peuvent être facilement occultées pour organiser des projections et de défilés de mode. La sécurité est assurée à l’entrée du bâtiment par le gardien qui contrôle les flux de visiteurs et l’accès au parking souterrain. Lorsque la Maison des Arts et de la culture n’est pas en activité, les accès du public au patio central peuvent être fermés par des grilles mobiles. L’accès des comédiens et du personnel au bâtiment se fait soit par le hall principal soit par la cour de service au premier étage (5,63). Les livraisons, quant à elles, se font par la cour de service (façade ouest). L’accès des décors à l’arrière scène de la salle de spectacle, à la black-box, aux magasins, à l’atelier se fait de plain-pied. La cour de service dessert aussi directement l’office du foyer ainsi que l’espace d’exposition grâce à un monte-charge. L’espace d’exposition peut aussi être livré depuis l’étage parking (-5,37).